Certaines entreprises naissent d’une idée brillante, d’autres d’un besoin du marché. Pour Nathalie Forget, fondatrice de Davincia, tout est plutôt parti d’un inconfort. Marquée dès l’adolescence par des problèmes d’acné, elle entreprend une quête de compréhension qui la mènera bien au-delà de la simple beauté de la peau. Ce qui aurait pu rester une histoire personnelle de recherche de solutions est devenu une mission : redéfinir les soins cutanés en alliant science, nature et intégrité.
Aujourd’hui, à la tête d’une entreprise pionnière en santé biocompatible de la peau, Nathalie continue de faire ce qu’elle fait le mieux : explorer, questionner et prouver que la vraie beauté ne s’impose pas à la peau, elle s’enracine dans le vivant.
Une curiosité née d’un inconfort
Comme bien des jeunes filles, Nathalie Forget a souffert d’acné dans sa jeunesse et s’est longtemps demandé pourquoi sa peau semble la trahir : pourquoi elle, et pas les autres ?
Issue d’une famille composée de plusieurs professionnel·es du domaine de la santé, les antibiotiques deviennent vite sa routine. Mais plus les traitements s’accumulent, plus quelque chose la dérange : ces solutions semblent masquer le problème sans jamais vraiment le régler. C’est dans cet inconfort que naît sa curiosité
À l’école, la gêne est bien présente, mais Nathalie n’en reste pas moins une jeune fille perspicace, sensible aux autres et animée par le désir de créer des liens. Ce mélange d’empathie et de curiosité deviendra plus tard le fil conducteur de son parcours entrepreneurial.

Comprendre l’humain sous toutes ses coutures
Sa soif de réponses l’amène à explorer plusieurs champs du savoir : la diététique, les sciences de la santé, puis la dermatologie.
Mais c’est un détour inattendu qui transformera sa vision : la naturopathie. Elle s’y plonge avec passion, découvrant les fondements de la vitalité humaine et comprenant, de l’intérieur, comment le corps fonctionne.
Elle reste d’ailleurs extrêmement reconnaissante à son père à ce jour, de l’avoir appuyée dans ces études, car cette formation lui a ouvert une porte sur un principe fondamental : la nature ne ment pas. Si on l’écoute, elle nous enseigne ce dont le corps a réellement besoin pour fonctionner.
Entre-temps, elle continue d’avoir des problèmes d’acné, mais ne désirant pas prendre des antibiotiques toute sa vie, elle se tourne vers des procédures traditionnelles plutôt invasives pour garder sa condition sous contrôle. Des résultats rapides, mais éphémères…
L’entrepreneure : bâtir pour mieux aider
Diplôme en main, elle fait ses débuts dans le domaine de la dermatologie avant d’ouvrir sa première clinique pour être naturopathe. L’accueil est modeste. Elle comprend vite que le véritable changement, celui qui transforme en profondeur le mieux-être, ne séduit pas facilement. Tant que l’apparence n’est pas en jeu, rares sont celles et ceux prêts à s’engager réellement dans cette démarche.
Pour répondre aux besoins de ses clientes, elle décide de se former en esthétique et rapidement elle développe un réseau de cliniques médico-esthétiques, franchisées à travers le Québec. En observant ses clientes repartir le regard plus lumineux, elle mesure à quel point la beauté peut influencer la confiance et le mieux-être intérieur. Le succès de ses cliniques est là, indéniable. Pourtant, derrière cette réussite, un malaise grandit : la technologie embellit la peau, certes, mais à quel prix ? Derrière les apparences, elle perçoit des déséquilibres.
Puis, un jour, c’est sa propre peau qui la rappelle à l’ordre. Brûlée à force de procédures, elle comprend que quelque chose cloche. Ce n’est plus seulement une question d’esthétique: c’est une question de sens.
De la réussite au désalignement
Cette expérience agit comme un électrochoc. Elle revoit ses valeurs, questionne ses pratiques, observe les effets secondaires sur certaines clientes. Aider les gens, oui, mais pas au détriment de leur intégrité biologique.
Convaincue qu’il faut réorienter son entreprise vers des approches plus naturelles, elle tente de rallier son équipe. Le défi est immense : changer un modèle d’affaires bâti sur la performance et la technologie demande du courage.
Faute de soutien, elle prend une décision radicale : vendre.
Financièrement, elle y laisse des plumes. Mais moralement, elle se relève plus forte que jamais. « Je ne suis pas entrepreneure juste pour l’argent, » dit-elle. « Je le suis pour aider. Pour faire une différence. » Une phrase simple, mais qui résume toute sa philosophie.

La science de la peau vivante
Libre de toute contrainte, elle retourne à la recherche. Son instinct la guide vers un territoire encore peu exploré : la flore cutanée. Si celle de l’intestin est aujourd’hui bien connue, celle de la peau le reste peu. Elle s’y plonge, convaincue que la clé du mieux-être cutané réside dans ces micro-organismes vivants.
Elle s’entoure alors de biochimistes européens et fonde son propre laboratoire dans les Laurentides. Elle innove avec une nouvelle génération de soins : des formules qui collaborent avec la peau plutôt que de la contraindre.
L’industrie accueille d’abord cette approche avec scepticisme. Et elle le comprend : elle a elle-même déjà testé des produits naturels inefficaces auparavant. Mais elle garde le cap, car elle sait que cette fois, la démarche est différente. Son innovation repose sur une logique biologique : utiliser le vivant pour soigner le vivant. La peau est un organisme et c’est en respectant sa vie qu’on restaure son équilibre. Cette biocompatibilité devient la signature de ses produits, et les résultats dépassent toutes les attentes.
Aujourd’hui, son invention brevetée traite plus de vingt problématiques cutanées et se distribue à travers le Québec et le Canada. L’entreprise offre également un service de consultation afin que chaque client·e bénéficie d’un accompagnement personnalisé et tire le meilleur parti des produits — et de son investissement.
Davincia s’impose désormais comme une référence en santé biocompatible de la peau. Une équipe presque entièrement féminine, guidée par une même mission : prouver que la nature est, décidément, plus forte que tout.
Inspirer par l’exemple
Avec le recul, elle se rend compte que l’entrepreneuriat n’a sans doute jamais été un hasard. Petite, elle aimait déjà prendre les choses en main, résoudre, comprendre, rassembler et se dépasser. Pour elle dans la vie, comme en entrepreneuriat, il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des défis. Mais surtout, elle a toujours su qu’elle allait aider les gens – même si elle ne savait pas encore comment. Cette incertitude la fascinait autant qu’elle la troublait. Chercheuse dans l’âme, elle avait besoin de réponses, de comprendre le pourquoi des choses. Ce trait de caractère, qu’elle croyait parfois trop atypique, s’est finalement révélé être sa plus grande force.
Parce qu’au fond, les entrepreneur·es ne suivent pas les sentiers battus. Ils les tracent. Et c’est exactement ce qu’elle a fait, à sa manière.
Aujourd’hui, elle dirige Davincia avec la conviction qu’une entreprise peut grandir tout en restant fidèle à ses valeurs, surtout lorsqu’on est entouré·e des bonnes personnes. Pour elle, entreprendre, c’est rester alignée, même quand c’est difficile. « Le plus grand apprentissage, c’est de lâcher prise, » dit-elle. « D’oser dire non, même quand tout le monde dit oui. »
La beauté et la nature main dans la main
Sa vision du développement durable s’inscrit dans cette même logique : cohérente, réfléchie et profondément ancrée dans l’action. Chez Davincia, chaque choix, de la formulation à l’emballage, est pensé pour minimiser l’impact environnemental et protéger la flore, celle de la peau comme celle de la planète.
Face au greenwashing ambiant, elle prône la transparence et l’éducation : comprendre ce qu’on met sur sa peau, c’est un acte de responsabilité. Et quand on lui demande ce dont elle est la plus fière, elle répond sans hésiter : « De m’être tenue debout dans le tourbillon. De ne pas avoir sacrifié mes convictions. »
Parce que, pour elle, la beauté ne se mesure pas en apparence, mais en cohérence : celle entre ce qu’on croit, ce qu’on fait, et ce qu’on incarne.
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Nathalie est accompagnée par Annie Gaucher, directrice régionale des Laurentides. Dynamique, rassembleuse et excellente communicatrice, Annie a le développement économique de sa région profondément à cœur. Axée sur le service à la clientèle, elle aime avant tout prendre soin des entrepreneur·es qu’elle soutient. Pragmatique et toujours en mode solution, elle mise sur des actions concrètes et durables, fondées sur l’écoute, le respect et l’ouverture.
Grâce à l’engagement de précieux partenaires : Économie Québec, par l’entremise de son mandataire Investissement Québec, le gouvernement du Canada, la Banque Nationale, la Banque de développement du Canada (BDC), le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction, Evol dispose d’une enveloppe d’envergure pour soutenir, par le biais de prêts conventionnels, des entreprises à propriété inclusive et diversifiée, générant des impacts sociaux et environnementaux positifs alignés sur les objectifs de développement durable de l’ONU (ODD).