Dans un laboratoire, un petit geste peut avoir une grande empreinte. Les consommables de plastique sont indispensables à la recherche scientifique, mais plusieurs ne servent qu’une seule fois avant de prendre le chemin de l’enfouissement ou de l’incinération.
C’est en constatant cette réalité de près que Fiona Milano, alors doctorante en génie biomédical à Polytechnique Montréal, a commencé à se questionner. Et si ce matériel pouvait plutôt être réutilisé? Avec son conjoint et partenaire d’affaires, Maxime Dimidschstein, elle a transformé cette question en projet entrepreneurial. Aujourd’hui, Phoenix Impact propose aux laboratoires une solution pour récupérer, décontaminer et remettre en circulation certains de leurs consommables de plastique.
Une histoire où science, entrepreneuriat et impact environnemental se rencontrent.
Une solution au plastique à usage unique en laboratoire
Et si un tube de laboratoire ne devait pas nécessairement finir à la poubelle après une seule utilisation? C’est la question qui a mené Fiona et Maxime à créer Phoenix Impact, une entreprise montréalaise qui développe des solutions pour donner une deuxième vie aux consommables de plastique utilisés dans les laboratoires.
Tubes à essai, embouts de pipette, boîtes de Petri… une fois utilisés, ces petits objets sont généralement jetés en raison des risques de contamination. Chez Phoenix Impact, on leur offre plutôt une seconde chance. L’entreprise récupère certains consommables auprès des laboratoires, les trie, les nettoie, les décontamine et les restérilise avant de les réemballer pour qu’ils puissent être utilisés à nouveau. L’idée peut sembler toute simple, mais la mettre en pratique demande une bonne dose d’ingéniosité.
Après une première année consacrée à tester et à peaufiner leur modèle, Fiona et Maxime accompagnent aujourd’hui une trentaine de laboratoires. Et déjà, leur travail porte ses fruits : à eux deux, en seulement un an, ils ont donné une deuxième vie à une tonne de plastique.
Mais derrière cette solution se trouve surtout une histoire de curiosité, de conviction et une volonté commune de mettre l’entrepreneuriat au service d’un impact concret.

Une prise de conscience comme origine
Tout commence dans un laboratoire. Alors qu’elle poursuit un doctorat en génie biomédical à Polytechnique Montréal, Fiona découvre de près la quantité de plastique utilisée chaque jour pour mener des recherches. Pour elle, le constat détonne avec les habitudes de tri qu’elle a toujours eues.
Elle commence à chercher des solutions existantes, son objectif initial n’étant pas de lancer une entreprise, mais simplement de trouver une approche qu’elle pourrait proposer à son directeur de recherche. Mais plus elle cherche, plus elle constate qu’il n’existe pas de solution qui réponde réellement aux contraintes et à la réalité des laboratoires. C’est en partageant ses réflexions avec son conjoint, Maxime, que l’idée commence à prendre une toute autre ampleur.
Tous les deux partagent depuis longtemps un intérêt pour l’entrepreneuriat, et plus particulièrement pour l’entrepreneuriat d’impact. Maxime possède de son côté une formation en génie logiciel et en entrepreneuriat, en plus d’une expérience de plusieurs années dans une jeune entreprise montréalaise spécialisée en automatisation industrielle. Leurs parcours sont différents, mais leurs expertises se complètent naturellement.
Au fil de leurs discussions, ils commencent à questionner l’idée, à la tester et à imaginer ce qu’elle pourrait devenir. Peu à peu, une possibilité se dessine : et s’ils développaient eux-mêmes la solution qu’ils ne trouvaient pas ailleurs? Ils ne l’avaient pas nécessairement prévu, mais c’est ainsi que Fiona et Maxime se sont retrouvés à faire équipe en affaires.
De l’idée à une solution qui répond réellement aux besoins
Avant de se lancer, Fiona et Maxime prennent le temps de valider leur idée. En discutant avec des laboratoires, ils découvrent que plusieurs cherchent déjà à réduire leurs déchets et ont même tenté de mettre en place leurs propres solutions. Le problème? Trier, nettoyer et récupérer le matériel demande beaucoup de temps aux équipes de recherche.
C’est là que Phoenix Impact prend tout son sens : plutôt que de demander aux laboratoires de gérer eux-mêmes chaque étape, l’entreprise leur propose un service qui s’intègre à leurs activités. L’objectif : permettre aux équipes de recherche de réutiliser leur matériel dans les mêmes conditions que du matériel neuf, sans ajouter une série de tâches complexes à leur quotidien.
Depuis, Fiona et Maxime ont vu leur projet grandir et leur solution s’imposer peu à peu dans les laboratoires.
« Quand on s’est lancé, on se basait surtout sur des hypothèses qu’on devait valider en cours de route », explique Fiona. Aujourd’hui, voir leur solution en action et constater à quel point elle s’est naturellement intégrée au quotidien des équipes est sans doute l’une de leurs plus grandes sources de fierté.
Grandir sans perdre de vue l’impact
Après une première année à tester et à peaufiner leur modèle, Phoenix Impact est maintenant prête à passer à la vitesse supérieure. L’équipe, qui reposait jusqu’à récemment sur Fiona et Maxime, s’est agrandie et compte aujourd’hui plusieurs employé·es et stagiaires.
Cette croissance amène son lot de nouveaux défis, mais aussi une belle énergie. Les façons de faire évoluent, les rôles se précisent et l’équipe apprend à grandir ensemble.
Le principal défi demeure toutefois celui du passage à l’échelle. Phoenix Impact souhaite augmenter considérablement sa capacité pour rejoindre davantage de laboratoires. Pour y arriver, l’entreprise devra à la fois accroître sa capacité de traitement, automatiser certaines étapes et poursuivre le développement de sa clientèle.
Pour avancer, Fiona et Maxime peuvent compter sur un réseau solide. Au fil des dernières années, les incubateurs, les mentors et les personnes rencontrées dans leur réseau leur ont permis de mieux comprendre leurs besoins et de trouver du soutien au bon moment.
Car en entrepreneuriat, savoir où chercher de l’aide est parfois tout aussi important que de savoir exactement de quelle aide on a besoin.

L’entrepreneuriat comme vecteur de changement
Pour Fiona et Maxime, l’impact ne se limite toutefois pas à la quantité de plastique détournée des déchets. Ils souhaitent également bâtir une entreprise qui reflète leurs valeurs, où la diversité, le développement des compétences et le partage des connaissances occupent une place importante.
Transmettre leur passion pour l’entrepreneuriat d’impact fait aussi partie de leur démarche, notamment à travers des interventions dans les écoles et leur participation à des initiatives comme Technovation, qui encourage les jeunes filles à s’intéresser à l’informatique.
Si ces engagements peuvent sembler éloignés des activités quotidiennes de Phoenix Impact, ils s’inscrivent dans une même vision : pour Fiona et Maxime, l’entrepreneuriat est un puissant levier pour avoir un impact positif. Une conviction déjà présente dans leurs parcours, notamment avec leurs premières expériences entrepreneuriales en énergies propres et en compostage domestique, bien avant la création de Phoenix Impact.
Des parcours qui leur ont appris qu’on ne va jamais bien loin seul·e. Le couple retient l’importance des relations humaines et les retombées positives de demander de l’aide.
Leur conseil aux personnes qui souhaitent se lancer? Parler de leur idée. Aux client·es potentiel·les, à l’entourage, aux gens du milieu. Les échanges permettent de la tester, de la faire évoluer et parfois même de découvrir une nouvelle voie.
Pour Fiona et Maxime, c’est aussi ça, entreprendre avec impact : avancer, apprendre et ne pas hésiter à s’entourer.
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Fiona et Maxime bénéficient de l’accompagnement de Lynn McDonald, directrice régionale à Montréal. Forte de plus de 25 ans d’expérience en financement d’entreprises, Lynn mise avant tout sur la relation humaine. Animée par le désir de contribuer à un entrepreneuriat plus inclusif, elle cultive une relation de proximité avec les entrepreneur·es, prend le temps de comprendre leurs réalités et leurs ambitions, et les accompagne avec écoute, bienveillance et engagement.
Grâce à l’engagement de précieux partenaires : Économie Québec, par l’entremise de son mandataire Investissement Québec, le gouvernement du Canada, la Banque Nationale, la Banque de développement du Canada (BDC), le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction, Evol dispose d’une enveloppe d’envergure pour soutenir, par le biais de prêts conventionnels, des entreprises à propriété inclusive et diversifiée, générant des impacts sociaux et environnementaux positifs alignés sur les objectifs de développement durable de l’ONU (ODD).