Il y a quelques jours, nous célébrions la fin des études secondaires de mon fils Lucas, 16 ans. Nous avons réuni quelques amis proches pour lui offrir un semblant de rituel de passage, à lui qui n’aura ni remise officielle de diplôme, ni bal des finissants. Parfois je me demande ce que cette crise sanitaire laissera comme séquelles psychologiques à nos adolescents.

Mais ce qui me préoccupe encore plus, ce qui me donne véritablement la peur au ventre, c’est lorsque je pense au monde dans lequel Lucas vieillira. À quoi ressemblera-t-il lorsque dans 10 ans ou 20 ans, lui-même aura envie de devenir parent ? 

La crise de la COVID-19 nous a rappelé, non sans souffrance, la fragilité des systèmes qui soutiennent notre société, et notamment, notre économie. Tout est interrelié. La prospérité ne peut être assurée sans protéger la santé de la population et celle de notre planète. 

Avec tout un pan de la société encore au ralenti, jamais l’histoire ne nous aura donné meilleur momentum pour repenser notre avenir et reconstruire l’économie sur de nouvelles bases.

L’ONU a identifié 17 objectifs pour sauver le monde (rien de moins!). Ces objectifs de développement durable nous offrent un guide pour construire un avenir meilleur et plus équitable. Ils répondent aux défis mondiaux auxquels nous sommes confronté(e)s, notamment ceux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice.

Repenser notre économie en étant plus aligné(e)s sur ces 17 objectifs nous permettrait de nous relever du trauma collectif laissé par la Covid-19 et de rebâtir un Québec plus résilient.

Le temps est venu de s’y attaquer sérieusement et sans relâche. Nous le devons à nos enfants. Je le dois à Lucas.

Inclure tout le monde dans la réflexion et dans l’action

La relance économique doit inclure tout le monde, les femmes et les personnes issues des communautés ethnoculturelles en particulier.

D’une part, les femmes sont présentement sur tous les fronts de la pandémie, occupant des emplois à risque au sein des établissements de santé, à la tête d’entreprises de services essentiels, elles sont aussi principalement responsables de la charge familiale et de l’éducation des enfants (études à l’appui!), assumant souvent également un rôle de proche aidante auprès des ainés. 

L’expérience des femmes dans le cadre de cette crise et leur point de vue unique doivent être mis à profit au sein des réflexions qui entourent le plan de relance économique.

D’autre part, les récents événements entourant la mort de George Floyd nous ont également rappelé que la discrimination fait encore partie de notre société.

Avec le triste constat qu’il y a toujours un écart imposant entre les blancs et les personnes issues de la diversité ethnoculturelle, imaginez ce qu’il en est pour les femmes racisées. Au-delà de la discrimination et du jugement, les barrières systémiques continuent de se dresser devant elles, leur barrant carrément le chemin.

Et pourtant, leur potentiel est tout aussi important que le reste de la population, et d’un point de vue entrepreneurial, il est encore plus grand!

Plus que jamais, l’entrepreneuriat diversifié et inclusif prendra de sa valeur. Notre société a besoin d’entreprises de proximité, d’entreprises qui prennent soin de leurs richesses humaines et qui redonnent à la planète autant qu’elles prennent. Cette fibre qui allie entrepreneuriat et responsabilité sociale coule abondamment dans les veines des femmes de tous les horizons.

L’urgence d’agir, maintenant

L’urgence climatique a été décrétée par l’ONU en septembre 2019. En 2030, le climat de la Terre pourrait ressembler à celui d’il y a trois millions d’années.

Au-delà de la simple modulation de nos habitudes quotidiennes, il est temps que nous prenions les grands moyens pour lutter contre les changements climatiques. Les réflexions entourant la relance économique nous donnent l’occasion d’agir différemment, maintenant. 

Selon une vaste étude pancanadienne, les femmes seraient d’ailleurs plus décidées que leurs homologues canadiens à agir contre les changements climatiques. Voilà une autre belle occasion de mettre leur vision au profit de notre futur. 

Réinventer notre économie pour la rendre plus inclusive, plus résiliente et plus soucieuse des humains et de l’environnement ne sera pas chose simple. Alors que l’excitation du déconfinement nous gagne et que l’empressement de repartir la machine économique est palpable, nos vieilles habitudes reviennent au galop.

À titre d’entrepreneur(e), vous avez le pouvoir de transformer les pratiques d’affaires et de créer des entreprises qui sont le reflet du changement que nous voulons voir dans le monde. (Merci Gandhi).

À titre d’investisseur, Evol a aussi le devoir de vous accompagner et de vous offrir des moyens concrets pour contribuer à la création d’un monde meilleur. C’est d’ailleurs notre raison d’être.

Le temps presse. 2030, c’est dans 9 ans. Lucas aura 25 ans. Son frère, Raphaël, en aura 23. Quel monde voulons-nous léguer à nos enfants ?

Moi, je veux leur léguer un monde rempli d’opportunités et surtout, une société plus juste, plus inclusive et plus verte. 

Cet été, réfléchissons autrement et ayons nous-mêmes le courage de poser ces gestes audacieux qui s’imposent.

Amicalement, 

Sévrine