Quand la médiation devient une stratégie d’affaires

De la protection des milieux marins à celle des relations humaines, le parcours de cette entrepreneure en médiation est tout sauf ordinaire. Animée par un profond respect pour la nature et les gens, Isabelle Legault s’est tracé un chemin audacieux allant de l’interprétation des milieux naturels à la pratique du droit. C’est dans la médiation qu’elle trouve aujourd’hui sa pleine cohérence professionnelle : un espace où la justice devient plus accessible, plus humaine et surtout plus proactive. Installée à Gaspé, elle propose aux entrepreneur·es des services en présentiel ou à distance à la fois accessibles, sur mesure et profondément ancrés dans la réalité des PME. Nous avons eu la chance de pouvoir lui poser quelques questions. Bonne lecture!

Quel a été votre parcours professionnel avant la création de votre entreprise? Que vous ont apporté ces expériences?

Avant mes études, j’ai travaillé pendant plusieurs années comme guide en interprétation des milieux naturels, puis comme observatrice de mammifères marins. Mon rôle consistait alors à veiller au respect de la réglementation environnementale afin d’assurer la sécurité des espèces présentes dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent en contexte de travaux maritimes. Cette expérience a éveillé en moi un grand intérêt pour le cadre légal entourant la protection de l’environnement.

N’ayant pas de diplôme d’études collégiales, j’ai dû emprunter la voie d’admission pour adultes/études universitaires afin d’accéder au programme de droit. J’ai donc amorcé un parcours en sciences de l’environnement, puis, forte de ces crédits, j’ai intégré la faculté de droit, où j’ai suivi tous les cours possibles liés au droit de l’environnement.

À la suite de mon passage au Barreau, j’ai eu une opportunité de stage à l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador (IDDPNQL). Séduite par la mission et la qualité de l’équipe, j’y ai débuté ma carrière d’avocate. La négociation était au cœur de notre mandat et j’y ai découvert un réel intérêt pour les modes de prévention et de règlement des différends.
Après mon départ de l’IDDPNQL, j’ai entrepris des démarches pour obtenir mes accréditations en médiation civile, commerciale et du travail, ainsi qu’en médiation familiale.
Mes expériences professionnelles antérieures au droit m’ont permis de développer de solides compétences en vulgarisation, en service à la clientèle, tout en développant un lien privilégié avec la réalité du terrain.

Qu’est-ce qui vous a motivée à lancer votre propre entreprise?

Le désir de m’installer à Gaspé et de pratiquer la médiation. Comme aucun poste salarié ne me permettait d’exercer ce métier dans la région, j’ai décidé de créer l’emploi dont je rêvais. Je savais qu’en plus de répondre à mes aspirations, cela comblerait probablement un besoin dans la communauté.

Mon objectif est d’offrir aux entrepreneur·es de la région (et d’ailleurs au Québec grâce à la technologie) un service à la fois humain, flexible et réellement adapté à leurs besoins. Je tiens à mettre à profit ma connaissance du milieu entrepreneurial pour mettre de l’avant un accompagnement structuré, clair et efficace.

Pourquoi avoir choisi de vous spécialiser dans la médiation?

Parce que c’est une approche qui a du sens pour moi.

Avant de porter un dossier devant les tribunaux, plusieurs options peuvent être envisagées et la médiation devrait, lorsque c’est possible, se situer en amont du processus. C’est un espace de dialogue où les participant·es, avec l’aide de la médiatrice, travaillent à trouver la solution, plutôt que de laisser un juge trancher à leur place.

Lorsqu’une entente émane directement des parties, le sentiment d’équité et de satisfaction est souvent plus élevé. La médiation est une pratique profondément humaine, qui permet de penser “en dehors de la boîte”, qui demande écoute, empathie et ouverture, et qui, à chaque fois, fait avancer toutes les personnes impliquées.

Pour quelles raisons un·e entrepreneur·e pourrait vous consulter?

J’offre deux services aux entrepreneurs : la médiation civile et l’accompagnement dans les dossiers à la Cour des petites créances.

Médiation civile

Un·e entrepreneur·e pourrait me consulter pour accéder à une médiation civile afin de régler rapidement et efficacement un enjeux tel: un litige avec un fournisseur de biens ou un prestataire de services, un conflit avec la clientèle, un différend en droit immobilier (vices cachés, malfaçons, etc.), une problématique locateur/locataire ou encore un conflit relationnels (conseil d’administration, actionnaires).
Les avantages de la médiation sont nombreux : D’abord, les coûts et les délais sont considérablement moindres qu’un recours judiciaire. Ensuite, elle favorise le maintien des relations et permet de garder les informations partagées et les ententes conclues confidentielles (contrairement à un jugement). Enfin, c’est un processus flexible qui peut être adapté à chaque situation.

Petites créances

Les recours pour une somme de 15 000$ et moins sont entendus par la Division des petites créances. Autant en demande qu’en défense, j’aide mes clients à préparer leur cause.. Bien qu’aucun avocat ne puisse représenter une entreprise à l’audience, je peux la conseiller et l’aider à structurer un dossier solide.
Mes services se veulent encore une fois sur mesure et vont de la simple consultation pour évaluer le dossier et orienter les démarches, à la prise en charge complète des procédures : mise en demeure, assemblage des preuves, rédaction de la demande ou de la défense.

Quel(s) impact(s) souhaitez-vous avoir auprès des entreprises de la région?

Je souhaite contribuer à faire connaître et à encourager l’utilisation des modes de prévention et de règlement des différends comme véritables alternatives aux recours judiciaires. Mon objectif est aussi de rendre la justice plus facile d’accès et de donner aux gens le pouvoir de trouver eux-mêmes des ententes équitables.

En tant qu’entrepreneure, quel est votre plus grand apprentissage?

L’importance du réseau et des relations.